Infections vaginales en Centrafrique : un problème de santé publique silencieux
- Dealeur

- 5 juin 2025
- 2 min de lecture
En République Centrafricaine, les infections vaginales touchent un nombre croissant de femmes, souvent dans l’ombre et le silence. Ces infections, parfois bénignes lorsqu’elles sont traitées à temps, peuvent entraîner de graves complications en l’absence de soins adaptés. Manque d’informations, tabous culturels, précarité sanitaire : autant de facteurs qui alimentent une crise de santé publique largement sous-estimée.

Une prévalence inquiétante
Selon les données recueillies par le ministère de la Santé et plusieurs ONG locales, près de 40 % des femmes consultées dans les centres de santé de Bangui présentent des signes d’infection vaginale, qu’il s’agisse de mycoses, de vaginoses bactériennes ou d’infections sexuellement transmissibles (IST). En zone rurale, les chiffres sont encore plus alarmants, faute d’accès aux structures de soins et aux campagnes de sensibilisation.
« Beaucoup de femmes vivent avec ces infections sans en parler. Elles ne savent pas que certains symptômes comme les démangeaisons, les pertes inhabituelles ou les douleurs peuvent être traités facilement si elles consultent à temps », explique la docteure Clarisse Ngbata, gynécologue à l’hôpital communautaire de Bangui.
Les causes multiples d’un fléau silencieux
Les causes des infections vaginales en Centrafrique sont variées. Outre le manque d’hygiène liée à l’accès limité à l’eau potable, l’utilisation fréquente de produits irritants pour la toilette intime, les rapports sexuels non protégés, les mutilations génitales, ou encore l’automédication aggravent le phénomène.
« Certaines femmes utilisent du savon de lessive ou des décoctions traditionnelles agressives pour leur hygiène intime, pensant bien faire. C’est dangereux et cela perturbe l’équilibre naturel de la flore vaginale », alerte Béatrice Zanga, sage-femme dans le 3e arrondissement de Bangui.
L'urgence d’une réponse coordonnée
Face à cette situation préoccupante, les professionnels de santé appellent à une action urgente du gouvernement et des partenaires internationaux. Sensibilisation, dépistage, accès aux traitements antifongiques et antibiotiques, mais aussi éducation sexuelle adaptée figurent parmi les priorités.
Certaines initiatives communautaires, comme les campagnes de santé mobile menées par Médecins Sans Frontières ou la Croix-Rouge centrafricaine, permettent de toucher les femmes dans les zones reculées. Mais les besoins restent immenses.

Briser le silence
Le poids des tabous reste un frein majeur. Dans de nombreuses familles centrafricaines, parler de santé intime est encore perçu comme un sujet honteux. Cela empêche les jeunes filles, souvent les plus vulnérables, de poser des questions ou de consulter à temps.
Pour les ONG féminines comme Voix des Femmes Centrafricaines, l’éducation reste l’arme la plus efficace : « Il faut apprendre aux jeunes filles dès l’école comment prendre soin de leur corps et reconnaître les signes d’alerte. La santé reproductive ne doit plus être un sujet caché », insiste sa présidente, Ernestine Kossala.
En conclusion, les infections vaginales en Centrafrique ne doivent plus rester un problème ignoré. Une approche globale, associant santé, éducation et lutte contre les inégalités, est indispensable pour améliorer la santé intime des femmes et préserver leur dignité.

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